JOURNAL DE LA COURSE
70 voiles multicolores naviguant au contact pendant quatre jours sur cet exceptionnel plan d'eau de la Côte d'Emeraude !
Quatre jours de joyeuses soirées pour commenter les exploits du jour !
C'était le Branlebas 2010 !
La baie de Saint-Malo, la baie de Cancale et la baie de Saint-Cast ont vu s'affronter une flotte de bateaux classiques, de croiseurs et de régatiers aguerris.
A chacune des étapes, les clubs avaient mobilisé membres et amis pour réserver un accueil toujours plus généreux et chaleureux.
Les nombreux partenaires publics et privés ont apporté leur soutien à cette grande manifestation nautique de l'été.
Les bateaux classiques étaient cette année à l'honneur.
La « Marin Marie classic boats, Trophée Raymond Labbé » rejoignait le Branlebas.
Les bateaux-pilote britanniques venaient défier la Bisquine.
Les parcours
Le comité de course, présidé par Jean Journé et assisté par Guy Lessard, son complice, officiait à bord du nouveau et confortable bateau-comité dénommé « Jean de Guy «. Comme à l'habitude, les lignes de départ défiaient les tacticiens et les parcours variés sollicitaient la manœuvre.
Optimiste de nature, Jean envoyait le premier jour, toute la flotte louvoyer jusqu'au cap Fréhel avec retour devant Dinard. La jolie brise de 10 à 15 nœuds de secteur Ouest, propulsait gentiment les bateaux, au louvoyage, vers Fréhel. En milieu d'après-midi, l'anticyclone des Açores, un peu paresseux, laissa s'échapper une bouffée d'air frais de 30 à 35 nœuds qui réveilla rapidement les équipages. Grand'voiles en ralingue, départs au tas, empannages hasardeux, spis éclatés et un démâtage concluaient la fin de la journée.
La brise d'été a repris sa place, les jours suivants. 10 à 15 nœuds de secteur ouest dans le journée et faiblissant en soirée.
La seconde journée emmenait la flotte à Cancale. Dès la pointe du Grouin franchie, la mer se calme et est juste ridée par les surventes. Les bateaux accélèrent au portant, dans le courant de la Vieille Rivière, sur une mer d'huile.
L'après-midi, les bateaux font le spectacle, dans la baie de Cancale, avec un parcours banane proche de la jetée de La Houle. Le vent s'est levé, la mer est toujours plate.
La journée suivante est consacrée à un long parcours de ralliement au port de Saint-Cast. 13 milles de louvoyage et arrivée sous spi à Saint-Cast.
La dernière course mène les concurrents de Saint-Cast à Saint-Malo, en slalomant entre les bouées du grand chenal de Saint-Malo.
Les bateaux
Les bateaux classiques
L'épreuve appelée « Marin Marie classic boats, trophée Raymond Labbé » se déroule pour la première année lors du Branlebas.
Cette manifestation est une course qui accueille les bateaux classiques. Un jury, présidé par Claude Renoult, ancien président de la SNBSM et créateur de l'épreuve, décerne le trophée Raymond Labbé au bateau le plus remarqué par son élégance ou la qualité de sa restauration.
Cette année, le trophée a été remis à « Biene », International One Design skippé par Charlotte de Parscau. Cet élégant day boat de 33 pieds appartient à une série conçue aux Etats-Unis en 1936 sur le modèle des 6 m JI.
La Marin Marie est réservée aux bateaux dont les plans ont été dessinés avant 1975. Les classements sont établis suivant la Jauge Classique.
Deux classes accueillent les concurrents : Les gréements auriques et les gréements marconi.
Romain, le Cornish Yawl appartenant à Olivier Roellinger gagne la classe des gréements auriques. Le skipper avait shangaïé François Lognoné qui poursuivait ainsi son entraînement pour la Commodore Cup qu'il va courir, quelques jours plus tard, avec son J 122 Nutmeg.
Mandragore, le Maïca de Déric Boutin remporte la classe des gréements marconi.
Autre shangaïé, Patrice Ratzel retrouve avec nostalgie et talent cet ancien bateau du RORC qui a longtemps écumé la région.
Les bateaux-pilote
Deux bateaux-pilote de Saint-Malo, répliques de l'Alouette, cotre-pilote construit à La Landrais, sur les plans de François Lemarchand de 1891, ont été acquis par une association créée par Will Sutherland et confiés à la jeune équipe du Solidor Team Sailing pour poursuivre leur objectif de faire découvrir la voile aux jeunes.
Les deux sisterships, Marie-Claude et Yseult, se sont confrontés à la Bisquine de Cancale. Match nul à l'issue du Branlebas.
Une flotte anglaise de cinq autres « pilot cutters » accompagnait les nouveaux bateaux malouins.
IRC
La fine fleur des régatiers IRC se retrouvait sur les parcours côtiers et les bananes.
Amé-Haslé, le A 35 de Franck-Yves Escoffier, barré par Quentin Le Nabour, remporte une nouvelle fois l'épreuve au classement général et en IRC 2.
Iritis, le First 40 d'Hervé Bénic s'adjuge la première place en IRC 1.
Moontiger, le J 105 de Jean-Pierre Bonnet l'emporte en IRC 3
Enfin, Chercheur d'éponge, le Surprise d'Hervé Drieu, second au classement général, gagne en IRC 4
HN
Le Muscadet de Gilles Louvigné souffle la victoire à Auberge du Trieux, le Gibsea 80, de Paul-Antoine Auburtin, vainqueur du Branlebas 2009.
Les trois Aphrodite 101 avaient affûté les couteaux. Après quatre jours de course, bord à bord, c'est finalement Vim, le bateau de Frédéric Waniart, qui l'emporte.
Dinard / Saint-Cast
Le Yacht Club de Dinard et le Yacht club de Saint-Cast relançaient parallèlement la grande classique « Dinard / Saint-Cast » qui ralliait l'étape de Saint-Cast.
Flying Fifteen, dragon, 5,5 JI, Tofinou et autres monotypes composaient la flotte.
Coco boy, le Flying Fifteen de Philippe Cojean remportait l'épreuve devant The white Knight de Patrick Constant.
Les réceptions
La Compagnie des Pêches recevait les équipages sur le bateau de grande pêche « Joseph Roty » pour un apéritif dînatoire où les crevettes de Guyane et le surimi étaient particulièrement appréciés.
L'Association de la Bisquine de Cancale avait préparé, à Port-Mer, un copieux et joyeux dîner à l'attention des coureurs dont les bateaux avaient pu mouiller sur des bouées réservées par les responsables du port.
Des navettes de l'Ecole de Voile de Port-Mer, assuraient, toute la soirée, les mouvements des équipages.
La Ville de Saint-Cast et le Yacht Club avaient organisé un accueil de choix sur l'esplanade du nouveau port. Didier Karcher avait mobilisé les équipages féminins de son club pour une réception pleine de charme et d'attention.
Arhus Boutin, le photographe du Branlebas, projetait les images de la course.
Etoile du Roy, le dernier bateau de Bob Escoffier accueillait les concurrents pour la soirée de clôture. 300 convives occupaient les deux ponts du bateau corsaire. Bénévoles de la SNBSM et équipages féminins alimentaient, jusqu'à plus soif, des équipages peu soucieux des conséquences du lendemain. On se léchait les moustaches après avoir dévoré les cinq cochons de lait, offerts et préparés par Calcialiment.
Les musiciens du cotre-pilote de Will Sutherland accompagnaient la fête et étaient vite rejoints par les chanteurs du bord.
150 à 300 personnes ont participé chaque soir aux apéritifs ou dîners de fin de journée.
Proclamation des résultats
La Ville de Saint-Malo avait préparé une réception dans la cour du Château pour accompagner la proclamation des résultats.
Les représentants des deux grands partenaires du Branlebas, la Banque Populaire et le Groupe Giboire, ont remis les coupes aux vainqueurs des différentes classes.
Prix du Yacht Club de France
Le vice-président du YCF, Patrice Brunet, remettait le prix, une tape de bouche, à Patricia Picard, propriétaire du cotre de Carantec « Saint-Gildas » qui a vaillamment bouclé l'ensemble des parcours en équipage réduit.
Les prix « coup de cœur »
Le prix du courage
Le prix est attribué à Patricia Picard qui, le premier jour de la course, à bord de son petit cotre de Carantec, s'obstina à prolonger le long louvoyage sous les rafales à 35 nœuds.
Le prix de l'équipier le plus mouillé
Le prix est décerné à Alexandre Bourrée qui, à deux reprises, quitta le bord d'Etoile Manureva, bateau de notre président Bob Escoffier.
Le prix des gréements souples
Deux bateaux remportent le prix. Macaya, l'ILC 30 de Morgann Pinson pour la réduction drastique de son mat carbone. Wilful, le cotre historique de Raphaël Gaudin pour avoir testé trop longtemps sa corne de grand'voile dans la brise de Cancale.
Le prix de la sécurité
Un antivol a été remis à Joseph Hardouin pour assurer l'amarrage de sa monture, le vigoureux First 38S5 « Mentalo » qui eu la fâcheuse idée de quitter sa bouée en pleine nuit pour visiter, seul, la baie du Mont Saint-Michel.
Les autres prix offerts par les entreprises nautiques
Une annexe gonflable offerte par le shipchandler Nautilots, est offerte par tirage au sort à Marc Vercel, propriétaire du Ketch Classique « Galatée ».
Chacun des autres concurrents a reçu un prix offert par :
- La Droguerie de Marine
- Etoile Marine
- La Société Perretti
- Les Epices Roellinger
- La boutique Vent de Voyage
- Le shipchandler Sablons Yachting
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Les partenaires
- Les Villes de Saint-Cast, Saint-Malo et Cancale ont largement soutenu l'évènement.
- Les CCI des Côtes d'Armor, de Saint-Malo et le Port des Bas-Sablons ont facilité l'accueil dans des ports saturés en été.
- La Banque Populaire, grand partenaire de la Voile, qui soutient les évènements de la SNBSM, s'était particulièrement impliqué dans le Branlebas.
- Le Groupe Giboire, spécialiste des programmes immobiliers en bord de mer, a accepté de devenir un partenaire majeur du Branlebas de régates.
Les autres partenaires :
- Calcialiment, spécialiste de la nutrition des animaux
- Etoile Marine, armateur de bateaux de rêve
- La Compagnie des Pêches
- Agriplas, producteur d'emballages alimentaires
- Heux Assurances
- La Vivière, entreprise de mytiliculture du Vivier sur Mer
Conclusion
Gildas Flahault, artiste-peintre, et Jean-Michel Barrault, écrivain, avaient esquissé le cadre du Branlebas.
Les clubs et les partenaires s'étaient mobilisés pour la mise en oeuvre d'une grande fête de la mer, tant sur l'eau qu'à terre.
L'image des grandes régates de Saint-Malo, qui voyaient s'affronter, au début du siècle dernier, les Yachts de Dinard et les Bisquines de pêche de Saint-Malo et Cancale, était bien présente.
Les 70 bateaux présents représentaient toutes les facettes de la belle plaisance. Les tenants du carbone et de l'acajou de Cuba s'affrontaient cordialement sur l'eau et entamaient ensemble, à terre, leur troisième mi-temps.
Les soirées organisées par les clubs ont eu un très grand succès en accueillant deux fois plus de convives que l'an passé.
Les bateaux classiques de la « Marin Marie classic boats, Trophée Marin Marie » et les bateaux-pilote et bisquine ont répondu à la diversité souhaitée de la flotte du Branlebas.
La participation des croiseurs en HN reste encore modeste. Ils sont pourtant nombreux à apprécier ce site exceptionnel d'îles, de rochers, de courants et de baies abritées.
Bienvenus au Branlebas 2011 !
Jean-François Revert
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